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Le recours au notaire, expliqué.

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Modifier un testament notarié ne demande pas de tout réécrire

Une naissance, un achat, une séparation, un liquidateur qui n'est plus le bon choix : un testament notarié vieillit avec la vie de celui qui l'a signé. La loi permet de le retoucher par un codicille, dans la forme de son choix, mais chaque option laisse une trace différente au décès.

La rédaction Publié le 22/09/2026 Mis à jour le 22/09/2026

Signer un testament notarié donne souvent le sentiment d’avoir réglé la question une fois pour toutes. L’original est au greffe du notaire, il est inscrit au registre, il n’aura pas à être vérifié. Puis la situation change. Un enfant naît, une maison est vendue, un couple se sépare, la personne désignée comme liquidatrice déménage à l’autre bout du monde. Le testament, lui, continue de dire ce qu’il disait le jour de la signature. La question n’est pas de savoir si on peut le modifier, mais comment le faire sans créer plus de problèmes qu’on n’en règle.

Le codicille : une modification, pas un nouveau testament

Éducaloi l’explique simplement : plutôt que de refaire un testament en entier pour des changements mineurs, on peut faire une modification de testament, aussi appelée codicille. Le codicille laisse subsister le testament d’origine et n’en change que les passages visés.

Il peut servir, par exemple, à :

  • remplacer la personne désignée comme liquidatrice ;
  • ajouter ou retirer un legs particulier ;
  • désigner un tuteur pour un enfant né après la signature ;
  • préciser une clause devenue ambiguë.

On peut modifier un testament autant de fois qu’on le souhaite. Mais Éducaloi prévient : plus les modifications s’accumulent sur un même testament, plus les risques de problèmes d’interprétation augmentent.

La forme du codicille est libre, ses effets ne le sont pas

Un codicille est soumis aux mêmes conditions de forme qu’un testament. Il doit être notarié, olographe ou fait devant témoins. Éducaloi précise un point qui surprend souvent : le testament et sa modification peuvent être de formes différentes. Une modification olographe d’un testament notarié est donc possible.

Ce choix a toutefois des conséquences qu’il faut mesurer.

Forme du codicilleVérification au décèsInscription au registreRisque principal
NotariéNonOui, au registre de la Chambre des notairesCoût engagé du vivant
OlographeOuiNonPerte, rédaction imprécise, vérification
Devant témoinsOuiSeulement s’il est conservé par un avocatTémoin mal choisi, vérification

Le point le plus sensible est le suivant : un testament notarié accompagné d’un codicille olographe perd, au moins pour le codicille, l’avantage qui justifiait souvent le choix du notaire. Au décès, la modification devra être vérifiée par le tribunal ou par un notaire, ce qui entraîne des délais et des frais. Et si personne ne retrouve ce codicille, parce qu’il n’est inscrit à aucun registre, la succession sera réglée selon le testament d’origine, comme si la modification n’avait jamais existé.

Rédiger une modification claire

Une modification peut sembler limpide à celui qui l’écrit et incompréhensible pour ceux qui la liront après son décès. Éducaloi recommande de porter attention à trois éléments :

  • mentionner quels paragraphes du testament sont annulés ;
  • expliquer clairement les changements apportés ;
  • préciser que le reste du testament demeure valide.

Un codicille qui dit « je lègue ma maison à ma fille » sans préciser s’il remplace un legs antérieur de la même maison à un autre enfant laisse les héritiers face à deux textes contradictoires. C’est alors au tribunal de trancher. Le notaire qui reçoit un codicille notarié travaille à partir de l’original conservé dans son greffe, ce qui limite ce type de contradiction.

Quand refaire plutôt que modifier

Le codicille n’est pas toujours la bonne solution. Éducaloi indique que refaire un testament est parfois plus avantageux, notamment quand le même testament a déjà été modifié plusieurs fois. Le nouveau testament reprend l’ensemble des volontés à jour et mentionne que tous les testaments antérieurs et leurs modifications sont révoqués.

SituationCodicilleNouveau testament
Changement d’un seul liquidateurAdaptéPossible
Ajout d’un legs particulierAdaptéPossible
Nouvelle union, famille recomposéeRisqué : plusieurs clauses touchéesPlus lisible
Troisième ou quatrième modificationRisqué : textes superposésPlus lisible
Répartition des biens entièrement revueInadaptéAdapté

Révoquer une clause, ou tout le testament

Modifier et révoquer sont deux gestes voisins. La révocation annule tout ou partie d’un testament. Éducaloi précise qu’elle doit, elle aussi, prendre l’une des formes reconnues : olographe, devant témoins ou notariée, pas nécessairement la même que celle du testament visé.

Il existe d’autres façons de révoquer, qui ne fonctionnent pas toutes pour un testament notarié :

  • vendre ou donner un bien légué de son vivant annule, pour ce bien, ce que le testament prévoyait ;
  • détruire l’original ou rayer des clauses sur l’original : Éducaloi ne mentionne ce moyen que pour les testaments olographes ou devant témoins. Pour un testament notarié, l’original est au greffe du notaire ; la copie que la personne a chez elle n’en tient pas lieu, et la déchirer ne révoque rien.

Une révocation complète sans nouveau testament a une conséquence radicale : la succession sera réglée selon les règles de la loi, comme si la personne n’avait jamais testé.

La capacité au moment de modifier

La modification suppose la même capacité que le testament. Éducaloi rappelle qu’il faut être en mesure de comprendre ce qu’on signe et ne pas subir de pression pour changer ses volontés. Une personne majeure dont le mandat de protection a été homologué peut, dans certains cas, modifier son testament ; c’est alors le tribunal qui décidera si la modification est valide et si la personne était en état de la signer.

C’est une raison de ne pas repousser une mise à jour qu’on sait nécessaire. Le mandat de protection et ses effets sont décrits dans la note sur le mandat de protection.

Les événements qui appellent une relecture

Éducaloi cite la naissance d’un enfant, l’achat d’une propriété et la séparation comme de bonnes raisons de mettre un testament à jour. Il donne un exemple éclairant : un testament qui lègue tous les biens au conjoint, jamais modifié après une séparation. Au décès, les héritiers ne savent pas si la personne voulait maintenir ou annuler cette clause, et doivent demander au tribunal de déterminer ses volontés.

Le divorce et la dissolution d’une union civile entraînent des effets particuliers sur les legs au conjoint, que la rupture d’une union de fait ne produit pas. La seule manière de savoir que le testament dit encore ce qu’on veut reste de le relire.

Ce qu’il faut retenir

Un testament notarié se modifie par un codicille, dans la forme de son choix. La forme notariée garde les avantages du testament d’origine : pas de vérification, inscription au registre. Les autres formes sont valables mais réintroduisent la vérification et le risque de perte. Au-delà de quelques retouches, refaire un testament qui révoque tous les précédents est souvent plus clair.

Les formes de testament et leurs conséquences au décès sont détaillées dans la page sur le testament notarié. Ce billet ne traite aucune situation particulière.

Où vérifier

Informations vérifiées le 14 septembre 2026.

  • Éducaloi, capsules « Modifier votre testament », « Annuler votre testament » et « Les trois types de testaments » : educaloi.qc.ca.
  • Code civil du Québec, livre des successions, chapitres sur les formes des testaments et sur la révocation, version en vigueur : LégisQuébec.
  • Chambre des notaires du Québec, information sur le registre des dispositions testamentaires et la recherche testamentaire : cnq.org.

Les numéros d’articles n’ont pas pu être relus sur LégisQuébec à la date de rédaction : consultez directement le chapitre du Code civil cité.

Sources

Les références citées dans cette page renvoient au texte en vigueur à la date indiquée.

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